mercredi 10 février 2016

Machuca (brève halte en redescendant d’El Tatio)

Machuca (en redescendant des geysers d'el Tatio (Chili)

On dirait que ce village a été construit là de toutes pièces pour les touristes tant il est harmonieux et se confond avec les pans rouges de la montagne. Pour essayer de lever mes doutes, je regarde dans les arrières cours, ça vit vraiment avec fours à pains, lessive séchant au soleil, voitures et chenis de toutes sortes.

C’est un petit village à 4000 m. d’une vingtaine de maisons et une église visible de loin à cause de sa façade blanche. Les habitants vivent de l’élevage de lamas et du passage des touristes. Cette halte permet à ceux qui le désirent de goûter la viande grillée directement devant eux, ou de monter visiter la toute petite église en passant devant la maison d’une villageoise qui vend un peu d’artisanat.



Authentique et touchant : sur l’autel dans l’église sont posées là, plusieurs statues très différentes sur fond de guirlandes de fleurs artificielles: un crucifix, une vierge couronnée enfermée dans une boîte, un jésuite espagnol sur son cheval, etc.


Et soudain, surgit un lama.


Les geysers d’El Tatio

Geyser el Tatio Chili
Départ à 5 h. du matin, car ils se situent à 90 km au nord de San Pedro. Situé à 4320 m. d’altitude c’est le plus haut territoire de geysers au monde et le 3e plus grand en superficie.

A la sortie du car, il fait -3 degrés peu avant le lever du jour. Les fumeroles ne sont visibles que tôt le matin à cause de l’écart de température entre l’air extérieur et l’eau qui bout au sol (à 85 degré et non 100 car on est en altitude).


Des sentiers sont aménagés entre les petits cratères crachant leurs fumeroles, c’est assez magique comme spectacle avec sur les flancs des montagnes alentours la lune et les premières lueurs du jour. Nous sommes très nombreux mais le site est vraiment très vaste.


On prend le petit déjeuner préparé par l’agence qui organise l’excursion : sandwichs, cake, café, thé et chocolat chaud (dans des berlingots qui ont été réchauffés directement à côté des endroits d’où l’eau sort bouillante du sol). On a très froid aux mains, aux pieds, malgré nos vêtements chauds.


Tulor et Quitor (excursion archéologique… mais pas que)

Ruines de Tulor: San Pedro de Atacama

Les ruines de Tulor datent de 500 ans avant J-C et sont les restes d’un village lickanantai aux constructions circulaires découvert en 1940. A l’origine, les habitants du salar ont commencé à ériger des murs pour se protéger des vents et du sable, puis à l’intérieur ils ont construit des maisons circulaires (une quarantaine ici) au milieu desquelles ils cultivaient des jardins.

Au début du XVe s. les Tihuanacus arrivent de la région du lac Titicaca avec à leur tête le chef inca Tupac Yupanqui. C’est sous son règne que fut construit la route qui va du salar d’Atacama à la région du nord-ouest de l’Argentine. Au gré des changements climatiques causant des migrations de population, des relations commerciales intenses dans toutes les Andes, des conquêtes militaires, et donc le métissage des populations, la culture lickanantaïe subira des hauts et des bas. 

Sur la colline de Quitor à 3 km au nord-ouest de San Pedro se trouvent les ruines de la Pukara,(forteresse) construite par les Atacaménios. Elle date de 1400-1500 après J-C juste avant l’arrivée des colons espagnols et domine la vallée de San Pedro. La vue sur les salars est très étendue, donc très utile pour surveiller  « d’où l’ennemi viendra/ Et me fera héros. /Mais en attendant ce jour / Je m’ennuie quelque fois/ Alors je vais au bourg/ Voir la belle… » pour paraphraser Jacques Brel.
Ruines de la forteresse de Quitor, San Pedro de Atacama
D’ici on voit aussi trois volcans importants pour la région mais dont vous chercherez en vain la situation sur la grande carte Michelin Argentine-Chili : le Pujtana, le fameux Lickancabur et le Laskar, le seul avec fumeroles en ce moment.

Entre les deux visites de ruines, nous faisons une brève halte dans une ferme bio de cultures vivrières et dégustons du jus de coings, du sirop Arrope fait avec les fruits du chanar et du sirop fait avec les fruits de l’algarrobe, (si je me souviens bien) avec du quinoa soufflé et des beignets.

Les champs sont irrigués par un système de canaux, mais le problème avec l’eau ici c’est que premièrement il y en a peu et même de moins en moins et deuxièmement, si on irrigue le matin, les plantes vont cuire ; si on irrigue le soir la terre est si sèche que toute l’eau part dans les couches profondes et si on irrigue la nuit, l’eau et les plantes gèlent.
Lamas

mardi 9 février 2016

San Pedro de Atacama (au cœur du désert)





L’arrivée à San Pedro est surprenante, dans les faubourgs aux habitations basses entourées de murs très étroits ou de planches sommairement superposées ou encore de plaques de taule ondulée pour lutter contre l’ensablement. Le terminal des bus est situé à l’écart, en contrebas de la ville elle-même.

N’ayant jusqu’ici trouvé aucune possibilité d’obtenir des pesos chiliens (ça on ne trouve jamais en Argentine, sachez-le !) et n’ayant pas pensé à chercher un distributeur de monnaie à la gare même (y en a-t-il un d’ailleurs ?) on n’a pas pu prendre de taxi. Il est 13 h. et la chaleur est torride, et nous voilà trainant nos grosses valises pleines de choses inutiles sur des routes ayant perdu tout leur bitume sous l’effet de la chaleur et de l’ensablement, en route vers notre hôtel situé aux confins de la ville tout en cherchant un bureau de change. Trouvé ! Mais aucun taux de change affiché : la dame aurait pu nous donner 500 pesos chiliens au lieu des 705 reçus pour un dollars américain qu’on n’aurait rien dit, nous les naïves qui n’avons pas pensé à contrôler ce taux sur internet dans une précédente étape ! Et il y un distributeur de monnaie au centre ville, souvent avec file d’attente, que nous avons utilisé plus tard. Mais là non plus, pas de taux de change affiché. Peut-être est-il trop changeant ?

San Pedro de Atacama se situe sur un haut plateau à 2 400 m d’altitude dans une oasis. Plus de 30 la journée et 0 à -3 la nuit et au petit matin. Un grand village de 2500 habitants envahit par les touristes – comme nous, mais souvent beaucoup plus jeunes. L’atmosphère relève du festival de musique des années 70 : on gratte sa guitare, une jolie fille aux allures de gitane alanguie à ses pieds ; on fume et boit à l’ombre des grands arbres sur la place centrale ; presque tous les marchés et les boutiques proposent des articles de l’époque et de l’artisanat  sud-américains (strictement les mêmes articles d’un étal à l’autre : en voir un c’est les voir tous !) que l’on rencontre sur tous nos marchés d’Europe ou presque. Une multitude de petits restaurants (quelques uns valent le détour d’ailleurs) et surtout 64 agences de voyage (contre 4 à Cafayate -12000 h.) proposant des excursions dans la région (nous avons confié le soin de faire le choix à notre hôtel et une fois de plus on est bien tombé – Touristour).


Mais on rencontre aussi ici une foule de jeunes comme nos enfants, que l’envie de dépaysement ou de voyage au long cours a amenés là, au gré du « bouche à oreille »  ou les suggestions des guides, comme nous. Et quelques baroudeurs de l’extrême, cyclistes ou randonneurs, dormant sous tente parfois !







A notre grand regret, le musée archéologique était fermé. Nous avons visité l’église dont le plafond est fait de bois de cactus (les cactus en photo dans l’article Tucuman). Ce bois n’est utilisable qu’après un séchage de 300 ans sur pied (ces cactus sont protégés c’est pourquoi à Cafayage on en voit au milieu des vignes). Les deux autels de l’église sont également intéressants avec un Christ en jupe p. ex.





San Pedro de Atacama avec le Lickancabur



Quand même, San Pedro de Atacama vaut le détour, ne serait-ce que pour contempler le volcan Lickancabur qui domine la ville comme le Moléson domine Gruyère et Bulle ! (on a les références qu’on peut… j’aurais pu dire comme le Mont Fuji, mais je ne suis jamais allée au Japon !) et faire les deux excursions que nous avons faites.

lundi 8 février 2016

Salta-San Pedro de Atacama (la montée vers le désert)

Trajet sur la carte du parcours Salta - San Pedro de Atacama
Notre bus part de Salta à 01 :00

Andesmar (notre compagnie de bus)

C’est l’heure de notre première tasse d’infusion de feuilles de coca (une tasse toute les heures et demi) parce qu’à nos âges respectables nous craignons le mal d’altitude. Une infusion car on ne se voyait pas chiquer notre boulette de feuilles de coca comme les indigènes. (Nous avions demandé des infos à ce propos à Cafayate).

Paseo de Jama - San Pedro de Atacama


Des petits sachets de feuilles de coca séchées (10 pesos argentins pour deux litres d’infusion) on en trouve sur tous les étals de Cafayate, Salta et San Pedro de Atacama (ici on trouve même la coca sous forme de bonbons à sucer. Un pharmacien nord-américain, rencontré là, nous dit avoir acheter des comprimés de coca en pharmacie. Dans notre hôtel "bien comme il faut" à San Pedro de Atacama, l’infusion de coca était en bonne place sur le buffet du petit déjeuner.



En fait nous n’avons jamais vu des personnes souffrir de ce mal d’altitude durant tout notre voyage et nos excursions à plus de 4400 m. (4800 m après le passage du Paseo de Jama selon un cycliste français rencontré à San Pedro de Atacama qui a photographié son altimètre, n’en croyant pas ses yeux)
Salar (photo prise à travers la vitre du bus)

Pour en revenir au trajet, nous avons manqué tout le versant argentin car il faisait nuit. Le jour se lève deux heures avant un arrêt très fastidieux à la douane :
1.     douane argentine
2.     douane chilienne où l’on reçoit un visa (ça ressemble à un ticket de caisse)
3.     passage au scanner de tous les bagages (sortis du bus par le chauffeur lui-même !)
Par ailleurs, rien d’intéressant à photographier… pour une fois qu’on s’arrête !

Salar
La descente vers San Pedro de Atacama nous permet d’admirer de magnifiques salars au pied de collines très douces à l’aspect et la couleur de la peau des gens d’ici. Un ou deux sommets enneigés dans le très lointain ; des flamands roses et quelques vigognes au loin. Pour info :
-       vigogne = camélidé sauvage vivant à plus de 3500 m
-       guanaco = camélidé, domestiqué, vit en dessous de 3500m
-       lama = croisement des deux précédents
-       alpaga = croisement du lama et du guanaco. Ne supporte pas le désert, devient malade et meurt.
       

On arrive à San Pedro de Atacama avec presque deux heures de retard sur l’horaire prévu.